MEAN GIRL

Peut-on faire la paix avec nos ennemies de lycée ?

Étant originaire de Porto-Vecchio, en Corse, où il y a si peu d’habitants l’hiver que parfois tu peux te promener en ville pendant 20 minutes avant de croiser quelqu’un (tu sursautes même parfois), j’en viens souvent à me poser cette question.

 

Comme chaque lycéenne, mes copines et moi ne pouvions pas encadrer certaines filles, de notre classe ou de notre lycée. Certaines pour des histoires à la con (qu’autrefois nous jugions cependant avec autant de sérieux que s’il s’agissait du vaccin contre la peste), certaines pour des raisons aussi obscures que celles qui faisaient que les Capulet et les Montaigu ne pouvaient pas se blairer. Et cela va de soit, qui dit peu d’habitants dit lycée unique, ce qui signifie également que tu en viens toujours à tomber sur les mêmes personnes et que, de ce fait, chaque génération n’a jamais vraiment l’occasion de se perdre de vue.

Seulement, l’ennemi que nous considérions à l’époque comme la personne à abattre a désormais grandi. Il a ouvert un commerce, travaille dans un salon de coiffure, fréquente la même manucure que vous. Je suis même persuadée que certaines sont même devenues esthéticiennes, c’est d’ailleurs pour cette raison que je ne vais jamais me faire épiler le maillot à Porto-Vecchio.Il faut savoir que chaque fois que je rentre au pays, j’ai toujours un doute en croisant les gens, me demandant si je dois leur faire la bise ou pas (à noter que quand tu as grandi dans une ville aussi petite que Porto-Vecchio, tu claques généralement autant de bises qu’un politicien en période de campagne) alors quand il s’agit d’anciennes ennemies, la gêne se fait grandissante, à plus forte raison si elle se trouve derrière un comptoir et qu’elle doit te servir ta Saint Georges grenadine.Moult questions se bousculent alors dans ma petite tête de fille qui ne réfléchit jamais simplement.

Je lui souris ?

Je la tutoie ? (Je risque d’avoir l’air con si je la vouvoie, non ?)

J’ose la rappeler pour lui réclamer une paille ?

Je lui laisse un pourboire ?

Ce qui est d’autant plus gênant c’est quand tu fais l’effort de faire comme si de rien n’était en souriant cordialement et en t’exprimant avec un ton qui dit même si on se serait bien volontiers badigeonné nos cahiers respectifs d’Anthrax y a quelques années on va faire comme si de rien n’était et que la peste en face de toi te renvoie le même regard qu’elle t’envoyait à l’époque quand vous vous croisiez entre le cours de maths et celui d’histoire. Tu te sens aussi misérable que la dernière fois que tu as accidentellement appelé ton ex bourrée et tu te retrouves avec le douloureux sentiment que la guerre a continué sans que personne n’ait eu la décence de t’avertir.


Vous avez le même problème, pas vrai ?

 A-

BEAUTY

La fois où j’ai retrouvé mes cheveux avant l’été

La veille de mes vacances en Corse, ma copine (et ex collègue) Maryse, rédactrice beauté de son état, a jugé bon de me faire passer un message.

Aussi délicat qu’offrir une crème décolorante à Frida Kalho, cette vieille garce de Maryse m’a fait cadeau d’un sérum réparateur longueurs et pointes pour cheveux abimés et cassants, d’un spray disciplinant pour cheveux secs et abimés et d’une huile de nutrition intense pour cheveux sujets au dessèchement et aux frisottis. Maryse est très bien élevée mais ce qu’elle a poliment essayé de me dire, c’est que mes cheveux étaient aussi défoncés que le périnée de Kim Kardashian. Ma foi, ayant un sens de l’autocritique assez aiguisé, j’ai sagement ramené mes potions à la maison sans broncher et ai testé la marchandise le soir-même.

Et bien, vous savez quoi ? Le lendemain matin, je me suis réveillée avec une chevelure de sirène. Quelque chose à mi-chemin entre la fibre capillaire de Charlotte Le Bon et celle de Dalida dans les années 70.

Alors si vous n’avez pas la chance d’avoir une copine bienveillante comme la mienne, je vous invite vivement à acheter tout ça* (et en particulier l’huile Shu Uemura) pour remettre votre paillasse en forme. La mienne s’en porte rudement mieux.

*tout en précisant que cet article n’est en aucun cas sponsorisé : ce sont bel et bien mes pointes fourchues qui vous parlent.

Huile Essence Absolue, Shu Uemura, 69 euros

Sérum Phytokeratine, Phyto, 16 euros

Spray Uniq One Coconut, Revlon, 14,40 euros

CARVEN

#jeveux la robe japonisante Carven

Ne jamais dire Fontaine je ne boirai pas de ton eau me disait Grand-Mi. Et encore une fois, Grand-Mi avait raison (Grand-Mi était également très à cheval sur la préservation de son capital solaire et m’a ainsi évité quelques rides ici et là mais nous en parlerons une autre fois).

Revenons, si vous le permettez, quelques mois auparavant. Plus précisément au jour où je boudais si religieusement que ma ride du lion était sur le point d’imploser (ride qui ne sera pas épargnée par les conseils avisés de Grand-Mi) en découvrant la dernière collection de Guillaume Henry chez Carven (j’ai toujours une pointe au cœur en écrivant ces mots). J’étais folle de rage. Non satisfait de m’avoir abandonnée sur une aire d’autoroute comme un vieil épagneul en plein mois de juillet, cette sale bête de Guillaume avait trouvé le moyen de conclure ces belles années sur une collection japonisante, OR, il va sans dire que je suis très peu sensible à la mode qui flirte avec le Soleil-Levant. Ride du lion en avant (la salope), j’ai donc pesté plus que de raison avec des visions de kimonos démoniaques plein la tête.

 

Quand soudain…

 

Est-ce l’éclairage des natures mortes net-a-porter ou bien le temps de digestion nécessaire au départ de Guillaume Henry qui me font voir cette collection d’un nouvel œil ? Pourquoi Diable personne n’a t’il eu  la présence d’esprit de me démontrer la beauté de cet été 2015 alors que j’avais moi-même perdu le mien ?

Ma ride du lion se fait désormais malmener autour d’une toute nouvelle problématique : laquelle des pièces de cette dernière collection est-elle le plus désirable ? On me souffle qu’un indice de taille serait caché dans cet article…

 

Robe Carven, 690 euros

Greys Anatomy

Lettre ouverte aux scénaristes de Grey’s Anatomy (Attention, Spoiler)

Chers scénaristes de Grey’s Anatomy,

 

faisant partie du cercle très restreint des personnes qui suivent encore la série pour laquelle vous faites la pluie et le beau temps (surtout la pluie, si je peux me permettre), je tenais à vous faire part de mon sentiment concernant l’odieuse façon dont vous traitez mes nerfs depuis quelques années maintenant.

Car même si j’ai très vite saisi que ce centre hospitalier avait en réalité été bâti sur un ancien cimetière maya, cela ne signifie pas pour autant que j’accepte l’hécatombe qui s’est jouée sous nos yeux au cours de ces 11 dernières saisons. D’abord, il y a eu George. Ce bon vieux George. Ce coup-là m’a fait mal, je serais menteuse de prétendre le contraire, mais tout bien réfléchi, passons sur George : c’était un bon coup de votre part. J’ai toujours éprouvé un grand respect envers les scénaristes qui osent s’imposer en faisant disparaître brutalement l’un des personnages principaux, nous rappelant à l’occasion que la vie, c’est pas facile tous les jours, même quand c’est produit par ABC.

Et puis, quelques épisodes plus tard, c’est Izzy qui s’est fait la malle. Elle n’a pas passé l’arme à gauche, elle, non, elle, elle s’est tout bonnement tirée du jour au lendemain, sans que l’on comprenne réellement ni pour qui ni pourquoi . D’ailleurs, je trouve que vous avez pas mal chié dans la colle sur ce coup-là, si vous me permettez : il faut voir comment vous nous avez étouffé l’affaire, un véritable scandale ! Après tout, pourquoi se triturer les méninges alors que vous savez pertinemment que notre cœur ne bat que pour Meredith Grey (enfin, son mec, quoi), la vedette de série la plus botoxée depuis Ridge Forrester.

Meredith… J’ignore ce que pouvaient bien trafiquer les 3 fées le jour de sa naissance mais une chose est sure : elles ne rodaient certainement pas au dessus de son berceau. Bon sang de bonsoir, il lui en est arrivé des tuiles à celle-là ! Mère suicidaire souffrant d’Alzeimer, père absent, demie-sœur sortie de nulle part, le mec du bar qui s’avère être son boss marié, ladite épouse qui débarque travailler à ses côtés, son chien qui claque, sa belle-mère qui claque, sa demie-soeur qui claque… Sans parler de son abominable démarche, j’apprendrais qu’elle a une jambe de bois que ça ne m’étonnerait même pas.

Mais non, il vous en faut toujours plus. Plus de sang, plus de drame, plus d’expressions neurasthéniques de Meredith Grey. Il vous a fallu Derek.

Tout d’abord, les gars, si je peux me permettre une parenthèse purement stratégique : nous sommes 12 à suivre encore cette série donc la moindre des choses lorsque l’on se retrouve dans ce genre de situation délicate, c’est d’éviter de couper la branche sur laquelle l’on a le cul posé. Cette parenthèse fermée, je me dois maintenant de vous rappeler une chose primordiale qui lie le spectateur et le scénariste qui s’appelle « la clause du respect ». Qu’est ce que la clause du respect ? Et bien la clause du respect, chers scénaristes surpayés, cela signifie que l’on veut bien gober 18 crashes d’avion, 12 tremblements de terre, l’effondrement d’une quatre voies, une bombe dans un estomac (on l’avait oubliée, celle-là), même une patiente au sang toxique qui empoisonne tout un bloc opératoire, mais nous ne pouvons au grand jamais tolérer, que vous usiez de votre pouvoir pour nous arracher des personnes qui nous sont chères depuis tant d’années. Concrètement, Derek Sheperd en mort cérébrale ne rentre absolument pas dans la clause de respect. Cette liberté scénaristique relève tout bonnement de l’abus de pouvoir et là, je vais vous dire : la coupe est pleine, on a trop avalé de couleuvres. Après dix belles années de fidélité, j’appelle officiellement à un boycott de la série.

Vous voulez une énième preuve que vous vous êtes fourré le doigt dans l’œil avec cette ultime rebondissement ? Voilà bien 40 minutes que je suis là à vous rédiger ces mots alors que l’épisode 22 est en pause à plus d’une vingtaine de minutes de visualisation. Vous voyez comment on s’emmerde ? Vous voyez à quel point vous avez dépassé les limites ?

Je vais vous dire mieux : vous ne méritiez pas Derek Sheperd.

Kelly

Un jean doit-il nécessairement faire un beau cul ?

Alors que ma copine Livia s’obstine à l’idée de trouver un 501 qui ne lui fait pas une silhouette de prof de techno à la retraite, j’en suis naturellement venue à évaluer l’importance du cul en matière de jean.

Comme mes amies le savent, je suis plutôt novice en matière de jean : j’en possède trois (dont un modèle qui n’irait qu’à une gymnaste de 14 ans) que je ne porte que le dimanche pour aller au cinéma ou pour aller travailler lorsque ma machine à laver fait grève. Pas parce que je ne les aime pas, bien au contraire, j’adore les jeans, j’en essaie d’ailleurs en moyenne 12 par saison, j’estime simplement que la circonférence de mes cuisses ne me permet pas encore de me sentir à l’aise dedans. Cependant, si il y a bien une chose que je sais, c’est qu’un jean qui ne te fait pas un beau cul a autant d’intérêt qu’un col roulé dans la garde robe de Rihanna. Sauf que. Comme je vous le disais plus haut avec le 501 de Livia, les plus beaux jeans ne font malheureusement pas les plus beaux culs et si, comme moi, vous avec gardé en mémoire les audacieux combos de Kelly Taylor de Beverly Hills dans les années 90, vous n’avez pas pu passer à côté de l’abominable spectacle qui se déroulait juste en dessous de sa ceinture en skaï lorsqu’elle arborait une pièce de sa nombreuse collection de denim.

C’est à se demander comment, Diable, Kelly se débrouillait pour rester la fille la plus cool du bahut avec son derrière qui aurait probablement brûlé la rétine de Brandon en moins de temps qu’il ne faut pour sécher un milk shake chez Peach Pit si il avait connu le lycée dans les années 2000. Alors  je me demande : un bon modèle est-il nécessairement un modèle qui fait retourner tous les mecs du bus quand on passe dans le couloir ? Et si le jean parfait fait un boule pourri, doit-on quand même l’acheter quitte à le porter constamment avec des t-shirts longs comme une bibliothécaire à forte surcharge pondérale ?

En attendant de trouver solutions à mes tourments, je me contente de soutenir Livia dans sa quête en ne manquant pas de jeter un coup d’oeil à son verso de derrière le rideau de la cabine d’essayage (et je ne manquerai d’ailleurs pas de vous rapporter le bilan).

Vous en pensez quoi, vous ?

A-

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