• ©Félicia Sisco
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Najwa (et son grain de beauté)

La première fois que j’ai rencontré Najwa, j’ai immédiatement bloqué sur sa petite tache sur le front. J’ai dans un premier temps cru à une brulure ou quelque chose dans le genre avant d’apprendre que ce que certains pourraient prendre pour un bindi n’était autre qu’un grain de beauté.

C’est sans nul doute le genre de singularité qui peut te pourrir la vie, un peu comme les filles prénommées Bergamote ou Clytorine. Si, dans son malheur, la pauvrette a un physique avantageux, son affreux patronyme ne fera qu’ajouter une touche de mystère à sa beauté. Dans le cas contraire, en revanche, c’est une autre paire de manche. Heureusement pour elle, ma copine Najwa est vraiment belle.

Pour ma part, mon unique marque physique distinctive (outre mes quelques cicatrices de l’époque où j’accélérais dans les descentes en terre avec mon vélo) est une tache de naissance sur le genou que beaucoup prennent pour une blessure croutée, confusion qui a le don de m’agacer. A l’époque où je travaillais au Be et où les journalistes étaient souvent mis en avant dans le magazine, il m’est très souvent arrivé que les photographes me demandent si ils devaient, ou non, m’enlever ma tache sur Photoshop. Non pas qu’elle me plaise forcément mais je me souviens avoir trouvé ça hyper vexant la première fois que l’on m’a posé la question : c’est une vulgaire tache de naissance (en forme d’écureuil qui fait caca, certes), ce n’est pas non plus un troisième téton !

Najwa, de son côté, n’a jamais été victime de Photoshopeurs enragés mais il lui arrive souvent que les gens demandent à toucher son grain de beauté, ce qui en soit est sans doute moins vexant mais un tant soit peu plus flippant. Certains pensent sans doute que cela porte bonheur, comme quand on touche une bosse de bossu. Maintenant que j’y pense, moi aussi, la prochaine fois que je la vois, je demanderai à toucher le grain de beauté de Najwa. Ou à défaut d’avoir Quasimodo sous la main, je me contenterai de la scoliose de ma copine Prisca : dans le doute, ça coute rien d’essayer.

(cliquez sur l’article pour pouvoir faire défiler les photos !)

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Photo : Félicia Sisco
Réalisation : Andréa Ottaviani

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