Repetto

Comment la Camille de Repetto m’a rendue accro à la talonnette

Avant de découvrir l’extraordinaire confort de la basket, en 2013, mon unique soulier plat demeurait la traditionnelle Repetto.

Aussi, sans détenir aucune action chez Repetto, j’affirme sans ciller que ce sont eux qui font les plus belles ballerines. Si, comme je l’ai souvent lu, la ballerine est l’ennemie numéro 1 de l’homme (au même titre que le mi-bas) je reste convaincue que c’est parce que la gente masculine visualise cette vieille savate molle lorsqu’ils se l’évoquent à la place de cette jolie pantoufle à laquelle nous habitue Repetto depuis… 1947, me dit Google.

Toujours est-il que, nostalgique de mes années de danse classique, je chausse le modèle traditionnel (ancien Brigitte Bardot, nouveau Cendrillon) depuis l’époque où Filip Nikolic était tapissé sur les murs de ma chambre. Et puis il y a 4 ou 5 ans, pour Dieu sait quelle raison, j’ai essayé le modèle Camille couleur Ketchup. Il faut savoir que la Camille est assez similaire à la Cendrillon à la différence d’une petite talonnette de X centimètres qui, nous l’apprendrons sous peu, fait toute la différence. Aussitôt enfilée, je me prends pour Dorothy du Magicien d’Oz* et délaisse donc, sans scrupule aucun, mes Cendrillon pour les Camille.

Je les chausse dès le lendemain et Alice, ma collègue du service beauté, toujours très chic et dont le livre préféré est Belle du Seigneur**, me complimente généreusement sur mon choix, qu’elle juge courageux. J’ai voulu lui dire que c’était elle, la véritable courageuse dans l’histoire, pour avoir survécu au chapitre 4 de Belle du Seigneur (j’ai, de mon côté, mis 5 jours entiers à le lire et 3 pour m’en remettre), mais j’ai préféré la fermer et m’auto féliciter pour cette acquisition.

5 ans plus tard, je n’ai toujours pas terminé Belle du Seigneur mais j’ai entamé, en revanche, une belle collection de Camille. A vrai dire, j’ai tellement porté de Camille que je n’arrive plus à porter de chaussures totalement plates : quand je n’ai pas ma petite talonnette, je me sens comme Sarkozy sur la plage avec Carla. J’ai la jambe courte, les chevilles tassées et cerise sur le gâteau, j’ai une vilaine démarche.

Me voilà donc à dénigrer les souliers sans talonnette et à, de ce fait, passer à côté de dizaines de paires auxquelles il ne manquerait pourtant que quelques centimètres pour me combler. Mon amour des Camille n’a d’égal que ma frustration face à ses consœurs sans talon. Mon problème semblera sans doute dérisoire aux yeux de beaucoup mais il n’en reste pas moins cruellement pénible à vivre au quotidien. Je vais demander à Albert Cohen ce qu’il en pense, il aura probablement une opinion bien tranchée sur la question.

Repetto Camille (teinte Rouge Flamme), 210 euros

Photo : Félicia Sisco
Réalisation : Andréa Ottaviani

 

 

*C’est scientifiquement prouvé : quand une fille essaie des souliers rouges, elle se prend systématiquement pour Dorothy du Magicien D’Oz, nulle ne peut en réchapper.

**J’ai toujours un immense respect pour 1/ Les gens qui ont réussi à lire Belle du Seigneur dans son intégralité et 2/ ceux qui y ont pris du plaisir. De ce fait, j’ai toujours porté Alice en haute estime.

Commentaire
  1. Je crois que ce sont ces chaussures aussi qui m’ont fait reconsidérer la talonnette quitte à en devenir totalement accro!

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