Greys Anatomy

Lettre ouverte aux scénaristes de Grey’s Anatomy (Attention, Spoiler)

Chers scénaristes de Grey’s Anatomy,

 

faisant partie du cercle très restreint des personnes qui suivent encore la série pour laquelle vous faites la pluie et le beau temps (surtout la pluie, si je peux me permettre), je tenais à vous faire part de mon sentiment concernant l’odieuse façon dont vous traitez mes nerfs depuis quelques années maintenant.

Car même si j’ai très vite saisi que ce centre hospitalier avait en réalité été bâti sur un ancien cimetière maya, cela ne signifie pas pour autant que j’accepte l’hécatombe qui s’est jouée sous nos yeux au cours de ces 11 dernières saisons. D’abord, il y a eu George. Ce bon vieux George. Ce coup-là m’a fait mal, je serais menteuse de prétendre le contraire, mais tout bien réfléchi, passons sur George : c’était un bon coup de votre part. J’ai toujours éprouvé un grand respect envers les scénaristes qui osent s’imposer en faisant disparaître brutalement l’un des personnages principaux, nous rappelant à l’occasion que la vie, c’est pas facile tous les jours, même quand c’est produit par ABC.

Et puis, quelques épisodes plus tard, c’est Izzy qui s’est fait la malle. Elle n’a pas passé l’arme à gauche, elle, non, elle, elle s’est tout bonnement tirée du jour au lendemain, sans que l’on comprenne réellement ni pour qui ni pourquoi . D’ailleurs, je trouve que vous avez pas mal chié dans la colle sur ce coup-là, si vous me permettez : il faut voir comment vous nous avez étouffé l’affaire, un véritable scandale ! Après tout, pourquoi se triturer les méninges alors que vous savez pertinemment que notre cœur ne bat que pour Meredith Grey (enfin, son mec, quoi), la vedette de série la plus botoxée depuis Ridge Forrester.

Meredith… J’ignore ce que pouvaient bien trafiquer les 3 fées le jour de sa naissance mais une chose est sure : elles ne rodaient certainement pas au dessus de son berceau. Bon sang de bonsoir, il lui en est arrivé des tuiles à celle-là ! Mère suicidaire souffrant d’Alzeimer, père absent, demie-sœur sortie de nulle part, le mec du bar qui s’avère être son boss marié, ladite épouse qui débarque travailler à ses côtés, son chien qui claque, sa belle-mère qui claque, sa demie-soeur qui claque… Sans parler de son abominable démarche, j’apprendrais qu’elle a une jambe de bois que ça ne m’étonnerait même pas.

Mais non, il vous en faut toujours plus. Plus de sang, plus de drame, plus d’expressions neurasthéniques de Meredith Grey. Il vous a fallu Derek.

Tout d’abord, les gars, si je peux me permettre une parenthèse purement stratégique : nous sommes 12 à suivre encore cette série donc la moindre des choses lorsque l’on se retrouve dans ce genre de situation délicate, c’est d’éviter de couper la branche sur laquelle l’on a le cul posé. Cette parenthèse fermée, je me dois maintenant de vous rappeler une chose primordiale qui lie le spectateur et le scénariste qui s’appelle « la clause du respect ». Qu’est ce que la clause du respect ? Et bien la clause du respect, chers scénaristes surpayés, cela signifie que l’on veut bien gober 18 crashes d’avion, 12 tremblements de terre, l’effondrement d’une quatre voies, une bombe dans un estomac (on l’avait oubliée, celle-là), même une patiente au sang toxique qui empoisonne tout un bloc opératoire, mais nous ne pouvons au grand jamais tolérer, que vous usiez de votre pouvoir pour nous arracher des personnes qui nous sont chères depuis tant d’années. Concrètement, Derek Sheperd en mort cérébrale ne rentre absolument pas dans la clause de respect. Cette liberté scénaristique relève tout bonnement de l’abus de pouvoir et là, je vais vous dire : la coupe est pleine, on a trop avalé de couleuvres. Après dix belles années de fidélité, j’appelle officiellement à un boycott de la série.

Vous voulez une énième preuve que vous vous êtes fourré le doigt dans l’œil avec cette ultime rebondissement ? Voilà bien 40 minutes que je suis là à vous rédiger ces mots alors que l’épisode 22 est en pause à plus d’une vingtaine de minutes de visualisation. Vous voyez comment on s’emmerde ? Vous voyez à quel point vous avez dépassé les limites ?

Je vais vous dire mieux : vous ne méritiez pas Derek Sheperd.

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