Les Feux de l'Amour

La vie est-elle plus belle dans les Feux de l’Amour ?

Bien que ma mère ait toujours sous-estimé l’extraordinaire impact des Feux de l’Amour sur mon éducation, je suis aujourd’hui convaincue que ma vie de femme ne serait pas la même sans toutes ces valeurs inculquées par CBS. Aussi, j’ai toujours été intimement persuadée que la vie à Genoa City offrait nettement plus d’avantages. Voyons ensemble.

 

1. Chez eux, les ruptures ne sont jamais éternelles

 

Pour ne citer qu’eux, prenez Victor et Nikki. En l’espace de 40 ans de diffusion, 80% du show a été consacré aux péripéties conjugales de ces deux-là (les 20 autres pourcents traitant d’échanges de bébé à la maternité, de tests ADN falsifiés et de résurrection). Car si Victor a épousé la moitié de la population féminine de Genoa City, il est toujours revenu la queue basse vers Nikki qui, d’une main de fer, a appris au fil des années à dompter cet animal féroce et tourmenté qu’est Victor Newman.

 

Aussi, quand dans la vraie vie une banale tromperie peut enterrer à jamais une relation, il en faut nettement plus aux habitants de Genoa City pour dire que Fontaine, je ne boirai plus de ton eau. Et ce n’est pas peu dire. Ici-bas, qu’importe que tu plaques devant l’Autel, que tu t’affiches en société avec son pire ennemi, que tu l’épouses, même, si le cœur t’en dit, que tu rachètes sa boite, que tu l’envoies au trou, que tu lui caches que l’enfant que tu portes est le sien : l’Amour réunit toujours ceux qui s’aiment, et ce, même si l’être aimé est le fruit de l’union extraconjugale de ta mère avec le demi frère caché de son mari.

 

2. La mort non plus d’ailleurs

 

Mais encore faudrait-il qu’elle réussisse à te faucher : n’oublions pas que dans le petit hôpital de Genoa* les tumeurs au cerveau se guérissent plus facilement qu’une conjonctivite, il faut vraiment bien se démerder pour y rester. Comme une mycose mal soignée, les personnages disparaissent et reviennent quand on s’y attend le moins (c’est à dire généralement la veille d’un mariage), ce qui concède à la notion d’éternité un vieux goût de déjà vu.

 

3. Tous les chemins mènent à Rome

 

Il faut savoir qu’il y a 3 principales familles à Genoa City, le reste de la population n’est constituée que d’électrons libres qui finissent par se greffer à l’un des clans au fur et à mesure des années. Aussi, Genoa n’étant visiblement peuplée que par 12 habitants, il n’est pas rare de croiser sa sœur/la nouvelle femme de son ex/sa sœur, nouvelle femme de son ex, au café de coin. Vous me direz, rien d’étonnant lorsque l’on connaît la maigre diversité des commerces de la ville, on en fait d’ailleurs assez vite le tour : Les Colonnades pour les demandes en mariage, l’Athletic Club (qui a remplacé Chez Gina) pour les rendez-vous d’affaires et où il n’est d’ailleurs pas rare de croiser son ennemi juré dans la porte battante et enfin Le Néon écarlate, leur Starbucks local en quelques sortes où toutes les générations se confondent (sauf Nikki qui n’y met jamais un pied, faut pas pousser non plus).

 

Du coup, forcément, quand tu veux croiser ta target à Genoa, il est inutile de passer par quatre chemins (un peu comme à Porto-Vecchio, en somme). En revanche, lorsqu’un personnage arrive (ou revient) secrètement en ville, il se passe parfois 25 épisodes sans que personne ne l’aperçoive : c’est ça, la relativité à Genoa.

 

4. On ne s’ennuie jamais

 

J’ignore sur quel fuseau horaire se situe Genoa City (qui est censée être dans l’État du Wisconsin, soit dit en passant) mais je suis certaine d’une chose : un vortex temporel colossal plane autour de cette ville.

 

Au hasard, je pense avoir vécu en 25 ans ce que Sharon vit en 4 épisodes (sans compter les épisodes à suspens où les scénaristes font répéter les mêmes répliques à chaque changement de décors). A Genoa, tu peux avoir été fou à lier comme Michael Baldwin par exemple**, et pourtant, au final, personne ne s’en souviendra ni ne t’en tiendra rigueur (Michael est procureur à l’heure qu’il est, ndlr). Et puisqu’on en parle, rappelons que Victor entame cette année sa 15ème vie (un peu comme Mario Bros, quand t’as chopé tous les bonus).

 

5. Chaque jour est un jour de fête

 

Une nouvelle incohérence temporelle qui appuie ma théorie du vortex : les Abbott se réunissent autour de la piscine tous les 3 jours pour fêter le 4 Juillet quand de son côté, le Ranch des Newman se pare de ses plus belles décorations de Noël (inchangées depuis 73), un lundi sur deux.

 

 

 

*Si je peux me permettre : au vu du nombre de scènes tournées à l’hôpital, CBS pourrait investir dans de nouveaux décors afin de diversifier les plans, cela fait tout de même 40 ans qu’on se bouffe la même salle d’attente avec vue sur le comptoir et la sempiternelle chambre marronnasse qui a vu mourir la moitié de la série.

**A toi, le lecteur de plus de 65 ans qui me lis : oui, j’ai commencé les Feux de l’Amour très très jeune.

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