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À propos

À bien des égards, rédiger l’Avant-Propos de son propre site n’est pas chose aisée. Il faut garder un ton un minimum professionnel tout en évitant de rendre l’exercice aussi chiant qu’une rediffusion de Thalassa, et puis surtout, il faut savoir hiérarchiser les informations. Typiquement, être presque diplômée de l’EFAP représente-t-il un fait plus notable que ma collection d’exemplaires des Hauts de Hurlevent ?  Car un presque diplôme, me direz-vous, tout le monde s’en tape, en revanche, le même bouquin décliné sur toute une étagère ne peut résulter que d’une névrose certaine et là, cela devient plus croustillant. J’ai aussi pensé qu’il serait bon de préciser que j’ai intégré une école de journalisme après l’obtention de mon baccalauréat : j’ai gardé de cette première année quelques amies, un béguin pour mon prof d’Actualités et un sévère traumatisme causé par les classes de radio et de télé. Mais sans doute cette mention aidera-t-elle à justifier ma carte de presse ? Même pas sûre.

Je pourrais aussi préciser à ceux qui me lisent pour la première fois que j’étais, jusqu’à septembre 2014, rédactrice mode au sein du magazine Be. Que j’y suis rentrée en stage, que mon expérience là-bas m’a d’ailleurs nettement plus appris que mon passage à l’EFAP et que la dernière année, j’étais en charge de 4 rubriques sur le print et d’un blog sur le web. Aussi, quand on réalise à 24 ans que l’on évolue au sein du même titre depuis ses 20 ans, on se dit qu’il serait peut-être temps de changer d’horizon, à plus forte raison si les conjonctures actuelles (en 2014, Lagardère a cédé la moitié de ses titres –dont Be- au groupe Reworld Media, ndlr) vous en offrent l’opportunité.

Ensuite, dans le cadre de mon statut de freelance, j’ai écrit pour le site de L’Officiel, c’est important de le préciser, ça. Même si quand j’ai quitté le Be, c’était surtout pour me consacrer à l’autre partie du métier, celle qui différencie une rédactrice mode d’une styliste photo, mais quand les Éditions Jalou m’ont proposé d’écrire pour l’un de leurs titres, je n’ai pas pensé une seule seconde à décliner leur offre.

Et puis entre nous, si cela ne tenait qu’à moi, la rédaction de ce fichu Avant-Propos serait vite pliée : je vous raconterais comment j’ai passé 6 mois au CR Fashion Book aux côtés de Carine Roitfeld et on n’en parlerait plus. Comment c’était génial de la regarder travailler et de participer à la conception du CR6 alors que tous les exemplaires du magazine sont empilés dans ma chambre depuis sa création. Je n’oublierais pas non plus de préciser à quel point c’était frustrant d’avoir du signer une clause de confidentialité qui m’interdisait de dévoiler – parmi d’autres informations nettement plus délicates- que j’avais vu Emily Ratajkowski en culotte. Si je n’avais pas peur de passer pour une groupie, je vous assurerais même qu’elle est hyper cool, Carine, et qu’elle n’a pas quitté ses kitty heels même quand son corset maintenait en place son pauvre dos broyé, mais ça, je ne vous le dirais pas, de peur que quelqu’un dans l’assemblée se souvienne du peu de sympathie que je portais à son personnage à l’époque de ses années au Vogue Paris.

Aussi, il me semble que je m’embourbe dans mes digressions, sans doute les joies du télétravail que j’ai adopté depuis deux mois me montent-elles à la tête…? Ou bien n’aurais-je pas du parler de la culotte d’Emily Ratajkowki ? Vous voyez, je vous avais bien dit que la rédaction d’un Avant-Propos, c’était pas vraiment mon truc.

Photo : Floryane Sodano