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Glitter par Félicia Sisco

Si mon nom n’était pas affiché en 4 par 3 juste au dessus j’aurais parié sur le fait que vous avez oublié jusqu’à mon prénom vu le temps considérable passé sans mis à jour… Mais sans transition, voici la dernière mini série beauté réalisée il y a quelques jours avec la belle Jamille !

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Andréa

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Photo : Félicia Sisco
Model : Jamille Morales (Mademoiselle Agency)
Hair & Makeup : Chloé Curt
Réalisation : Andréa Ottaviani

INTRO

The secrets of room 8 par Marta Bevacqua

Voici la dernière story de l’année que nous avons réalisée il y a quelques semaines au sublime Pavillon de la Reine avec la photographe Marta Bevacqua pour la version web du Magazine Material Girl. Cliquez sur l’image principale pour accéder au diapo !

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Andréa

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Photo : Marta Bevacqua
Stylisme : Andréa Ottaviani
(extraordinaires) Assistantes styliste : Livia Rossi et Lea Mariani
Hair : Mayu Morimoto
Makeup : Meyloo (B Agency)
Model : Carla Mattei (Women Model Management), Lilli Tronc-Robinson (City Models), Charlie Weiss (Marilyn Models)
Location : Pavillon de la Reine

MCDMEGI EC098

Gênant : ces filles qui se déguisent en pouffe pour Halloween

« Dans le monde des filles, (Halloween) est le seul soir de l’année où une fille peut s’habiller comme une vraie trainée sans qu’aucune autre ne puisse le lui reprocher »

Ce n’est pas moi qui l’ai dit mais Tina Fey, l’une des filles les plus drôles du monde et, accessoirement, la scénariste de Lolita malgré moi -inébranlable pilier du 7ème art- dont est tirée cette sentence*.

Car chaque année, force est de constater que les fêtes d’Halloween oscillent autour de deux principaux pôles de déguisements féminins. A ma droite, le costume traditionnel, variable et plus ou moins abouti selon l’inspiration et l’implication du sujet, à ma gauche, le déguisement de pouffe. Le déguisement de pouffe (ou sexy selon les magasins spécialisés) varie quant à lui entre le diablotin coquin et l’héroïne Disney après que celle-ci ait sombré dans la drogue et la prostitution.

Comme nous l’évoquions plus haut, Halloween ne rime, bien sûr, pas forcément avec latex et décolleté pour chacune d’entre nous. Certaines, comme ma mère, vomissent carrément sur cette tradition celto-américaine qui s’incruste, année après année, dans notre calendrier français. Pour ma part, n’importe quelle occasion nécessitant un déguisement me ferait renier ma patrie donc qu’il soit question du 31 octobre ou de Mardi Gras, soyez certains que j’en serai. Aussi, il faut savoir que nul n’est à l’abri de compter dans son entourage une jeune cagole sapée en infirmière polissonne un soir de bal costumé, de celle avec qui votre petit cousin rêvait de jouer au docteur quand il avait 15 ans et qu’il regardait le Journal du Hard.

Mais alors que je juge et condamne sans pitié mes sœurs ayant basculé du côté obscur de la Force, une question subsiste encore : pourquoi Diable s’entêter à vouloir montrer son cul sous unique prétexte d’une soirée déguisée ? Précisons (pour ceux et celles qui ne verraient en moi qu’une vieille coincée frigide et frustrée) que je n’ai jamais été du genre à opter pour les costumes les plus repoussants et ai toujours préféré Scarlett O’Hara à Madame Patate. Cependant, c’est manquer singulièrement de discernement que de ne pas savoir faire la différence entre un déguisement osé et un déguisement de pouffe. Ou bien suis-je sans doute déjà en train de penser comme ma grand-mère ? Peut-être aussi.

Toujours est-il que pas plus tard que cet après-midi, la dame qui était devant moi dans la queue du magasin de déguisement n’a pas caché sa déception lorsque le vendeur qui lui a annoncé que le costume de fliquette sexy n’était plus disponible. Je m’apprêtais à la consoler en lui expliquant que ce coup du destin signifiait forcément quelque chose quand elle a soudainement agrippé un ensemble de diablesse en satin qui n’a fait que me conforter dans l’idée que cette femme avait bel et bien des intentions démoniaques pour la soirée du 31 octobre. J’ai pour ma part finalisé mes achats en m’interrogeant gravement : et si la soubrette de Satan ici présente avait précisément plus de chance que moi, illustre Frida Kahlo, de rentrer avec un beau vampire samedi prochain ? Car si le bon sens peut sauver une tenue, il est très peu indulgent lorsqu’il est question de mono sourcil.

Que Dieu m’entende.

 

*Sortie de son contexte, il va de soit que cette déclaration ne fait pas référence à l’ensemble des filles mais simplement à celles qui ont déjà passé la nuit au poste pour outrage public à la pudeur un soir de 31 octobre.

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Le nano sac a-t-il de l’avenir ?

Lorsque j’étais au lycée et que j’avais pour ambition de me réincarner en l’une des sœurs Olsen (idéalement Mary Kate), je me souviens que la grande mode était aux sacs super (super) oversized.

J’avais lu un jour que la surenchère perpétuelle de la taille de ces sacs surdimensionnés partait de l’idée que plus le sac était gros, moins le cul de celle qui le porterait le paraitrait. Toujours est-il que j’ai passé mon année de 1ère chargée comme si je partais 2 semaines au Pérou alors que j’adhérais simplement à la théorie de la relativité version Balenciaga. La anse de l’engin bien calé dans la pliure du coude (car c’était à l’époque la gestuelle officielle adoptée par les dindes), j’assimilais avec une grande assurance l’allée bordée de gravier qui menait au lycée à un catwalk Balmain. J’avais 16 ans, quoi.

A l’image de mon assiduité scolaire, plus les saisons passaient, et plus la taille réglementaire du sac à main s’allégeait. Et puis, il y a quelques saisons de cela, a débarqué le mini sac. Malheureusement pour nous, la bonne femme à l’origine de la théorie de la taille de l’accessoire évoquée plus haut a visiblement préféré garder son opinion secrète sur ce coup-là.

Victime du système (et d’un mal de dos carabiné), j’ai donc troqué mon 48h contre un nano sac de 20cm sur 15, tout juste assez grand en somme pour contenir un burrito. A mon grand étonnement, j’ai vite constaté que mon quotidien n’était pas le moins du monde handicapé par l’absence d’une trousse de premier secours ou d’une paire de collants de rechange autrefois minutieusement stockée dans mon sac à main.

Cependant, bien que l’esprit (et mon bagage) soulagé(s) de toutes ces futilités, je n’ai pour ma part jamais parié sur l’avenir du mini sac. Car si le maigre contenant qu’il offre peut être appréciable en soirée il l’est moins lorsqu’il doit s’adapter à la vie de tous les jours : perso, je vois très mal ma mère aller travailler avec une minaudière à peine plus grande qu’une boite de Ricola.

Et pourtant, cette saison encore, le nano sac met de nouveau les modèles classiques à l’amende. Mais parlons honnêtement et mettons de côté l’espace d’un instant le sublime minuscule dernier né Miu Miu rose layette et léopard : est-il bien raisonnable d’investir dans de si petites choses, aussi désirables soient-elles ? Un sac plus petit que mon porte feuille pourra-t-il me combler autant que son grand frère qui l’engloutirait douze fois si tout deux faisaient partie d’un jeu de matriochka ?

Seigneur Dieu, est-ce donc vraiment la taille qui compte ?!

Je laisse bébé Louis vous répondre, il aura probablement des arguments plus convainquants que les miens.

Mini Speedy Louis Vuitton vintage acheté sur Vestiaire Collective

Photo : Félicia Sisco
Réalisation : Andréa Ottaviani

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Najwa (et son grain de beauté)

La première fois que j’ai rencontré Najwa, j’ai immédiatement bloqué sur sa petite tache sur le front. J’ai dans un premier temps cru à une brulure ou quelque chose dans le genre avant d’apprendre que ce que certains pourraient prendre pour un bindi n’était autre qu’un grain de beauté.

C’est sans nul doute le genre de singularité qui peut te pourrir la vie, un peu comme les filles prénommées Bergamote ou Clytorine. Si, dans son malheur, la pauvrette a un physique avantageux, son affreux patronyme ne fera qu’ajouter une touche de mystère à sa beauté. Dans le cas contraire, en revanche, c’est une autre paire de manche. Heureusement pour elle, ma copine Najwa est vraiment belle.

Pour ma part, mon unique marque physique distinctive (outre mes quelques cicatrices de l’époque où j’accélérais dans les descentes en terre avec mon vélo) est une tache de naissance sur le genou que beaucoup prennent pour une blessure croutée, confusion qui a le don de m’agacer. A l’époque où je travaillais au Be et où les journalistes étaient souvent mis en avant dans le magazine, il m’est très souvent arrivé que les photographes me demandent si ils devaient, ou non, m’enlever ma tache sur Photoshop. Non pas qu’elle me plaise forcément mais je me souviens avoir trouvé ça hyper vexant la première fois que l’on m’a posé la question : c’est une vulgaire tache de naissance (en forme d’écureuil qui fait caca, certes), ce n’est pas non plus un troisième téton !

Najwa, de son côté, n’a jamais été victime de Photoshopeurs enragés mais il lui arrive souvent que les gens demandent à toucher son grain de beauté, ce qui en soit est sans doute moins vexant mais un tant soit peu plus flippant. Certains pensent sans doute que cela porte bonheur, comme quand on touche une bosse de bossu. Maintenant que j’y pense, moi aussi, la prochaine fois que je la vois, je demanderai à toucher le grain de beauté de Najwa. Ou à défaut d’avoir Quasimodo sous la main, je me contenterai de la scoliose de ma copine Prisca : dans le doute, ça coute rien d’essayer.

(cliquez sur l’article pour pouvoir faire défiler les photos !)

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Photo : Félicia Sisco
Réalisation : Andréa Ottaviani

Repetto

Comment la Camille de Repetto m’a rendue accro à la talonnette

Avant de découvrir l’extraordinaire confort de la basket, en 2013, mon unique soulier plat demeurait la traditionnelle Repetto.

Aussi, sans détenir aucune action chez Repetto, j’affirme sans ciller que ce sont eux qui font les plus belles ballerines. Si, comme je l’ai souvent lu, la ballerine est l’ennemie numéro 1 de l’homme (au même titre que le mi-bas) je reste convaincue que c’est parce que la gente masculine visualise cette vieille savate molle lorsqu’ils se l’évoquent à la place de cette jolie pantoufle à laquelle nous habitue Repetto depuis… 1947, me dit Google.

Toujours est-il que, nostalgique de mes années de danse classique, je chausse le modèle traditionnel (ancien Brigitte Bardot, nouveau Cendrillon) depuis l’époque où Filip Nikolic était tapissé sur les murs de ma chambre. Et puis il y a 4 ou 5 ans, pour Dieu sait quelle raison, j’ai essayé le modèle Camille couleur Ketchup. Il faut savoir que la Camille est assez similaire à la Cendrillon à la différence d’une petite talonnette de X centimètres qui, nous l’apprendrons sous peu, fait toute la différence. Aussitôt enfilée, je me prends pour Dorothy du Magicien d’Oz* et délaisse donc, sans scrupule aucun, mes Cendrillon pour les Camille.

Je les chausse dès le lendemain et Alice, ma collègue du service beauté, toujours très chic et dont le livre préféré est Belle du Seigneur**, me complimente généreusement sur mon choix, qu’elle juge courageux. J’ai voulu lui dire que c’était elle, la véritable courageuse dans l’histoire, pour avoir survécu au chapitre 4 de Belle du Seigneur (j’ai, de mon côté, mis 5 jours entiers à le lire et 3 pour m’en remettre), mais j’ai préféré la fermer et m’auto féliciter pour cette acquisition.

5 ans plus tard, je n’ai toujours pas terminé Belle du Seigneur mais j’ai entamé, en revanche, une belle collection de Camille. A vrai dire, j’ai tellement porté de Camille que je n’arrive plus à porter de chaussures totalement plates : quand je n’ai pas ma petite talonnette, je me sens comme Sarkozy sur la plage avec Carla. J’ai la jambe courte, les chevilles tassées et cerise sur le gâteau, j’ai une vilaine démarche.

Me voilà donc à dénigrer les souliers sans talonnette et à, de ce fait, passer à côté de dizaines de paires auxquelles il ne manquerait pourtant que quelques centimètres pour me combler. Mon amour des Camille n’a d’égal que ma frustration face à ses consœurs sans talon. Mon problème semblera sans doute dérisoire aux yeux de beaucoup mais il n’en reste pas moins cruellement pénible à vivre au quotidien. Je vais demander à Albert Cohen ce qu’il en pense, il aura probablement une opinion bien tranchée sur la question.

Repetto Camille (teinte Rouge Flamme), 210 euros

Photo : Félicia Sisco
Réalisation : Andréa Ottaviani

 

 

*C’est scientifiquement prouvé : quand une fille essaie des souliers rouges, elle se prend systématiquement pour Dorothy du Magicien D’Oz, nulle ne peut en réchapper.

**J’ai toujours un immense respect pour 1/ Les gens qui ont réussi à lire Belle du Seigneur dans son intégralité et 2/ ceux qui y ont pris du plaisir. De ce fait, j’ai toujours porté Alice en haute estime.

image à la une

Carven, été 2016 : il y a (visiblement) une vie après Guillaume Henry

J’ai acheté ma première robe Carven par Guillaume Henry en janvier 2010, à l’occasion de l’anniversaire de ma copine Margot. Fraichement dépoussiérée, la marque venait d’inaugurer son corner au Printemps, tout riquiqui, avec juste deux silhouettes de chaque côté du comptoir caisse. Carven il y a 5 ans, c’était une sorte d’Eve Angeli de la mode : son nom nous évoquait bien quelque chose mais ça faisait tout de même sacrément longtemps que l’on n’en a plus reparlé.

Toujours est-il que ma robe a récolté, ce soir-là, des compliments par milliers et moi, de mon côté, j’ai commencé à tomber follement amoureuse de Guillaume Henry, le nouveau styliste -aussi beau que talentueux- qui avait offert à cette vieille maison française une seconde vie. Très vite, Carven m’a ruinée envoutée. Je travaillais à l’époque au Be et j’étais si bonne cliente que mon fanatisme est arrivé jusqu’aux oreilles de Guillaume, pour vous dire un peu l’ampleur du truc.

Et puis l’an dernier, les rumeurs se sont confirmées : Guillaume se barre. Même si le changement de direction artistique d’une maison me laisse souvent un peu mélancolique, je suis toujours la première à m’en réjouir : je me suis roulée par terre comme une épileptique en manque de Diazépam quand j’ai appris que Raf Simons allait chez Dior il y a quelques saisons, quant à Alessandro Michele, il a grandement ravivé mon intérêt pour la maison Gucci. Mais Guillaume… Guillaume, c’était pas pareil.

Relativisant comme je le pouvais et convaincue que si, à l’époque, le départ de Nicolas Ghesquière chez Balenciaga n’avait pas eu raison de moi (j’avais pleuré, avec de vraies larmes, pour Nicolas), je trouverais la force de surmonter cette épreuve. Bon, faut dire que j’ai aussi de vrais problèmes et une vraie vie en dehors des robes Carven, sans doute ce détail m’a-t-il également aidée à tenir le coup. Alexis Martial et Adrien Caillaudaud ont donc été nommés nouveaux directeurs artistiques de Carven peu après, et moi, par principe, j’ai tiré la gueule.

J’ai boudé leur première collection comme une reine* ne lui accordant pas même ma considération. Il faut dire que je sais me montrer de très mauvaise foi quand je veux. Mais tout ceci, c’était avant que le duo ne présente sa collection pour l’été 2016, hier matin, à l’Espace Éphémère des Tuileries. J’ai scruté les premiers looks d’un œil mauvais, avec la même objectivité que Christophe Dugarry lorsqu’il critique l’Olympique de Marseille, quand la réalité m’a soudainement frappée de plein fouet : c’est joli. Merde, c’est même beau. Les coupes sont impeccables, c’est élégant mais pas chiant, féminin sans faire godiche, je meurs devant les pantalons cigarette et les tailles ceinturées et me sens soudainement comme une épouse adultère, à déjà spéculer combien de centimètres de tour de cuisse je vais devoir perdre pour rentrer dans cette combi en cuir lilas.

Reste encore à savoir comment ma conscience parviendra à vivre dans le pêché. Ainsi va le monde, Guillaume… Ce n’est pas ma faute.

*Entre nous, les ensembles fleuris me font toujours de l’œil quand je passe devant la vitrine de la boutique rue Saint Sulpice mais n’ayant pas les jambes qui vont avec le pantalon cigarette, je n’ai même pas à considérer la chose.

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